Scrabble et dictée

En participant régulièrement à la dictée d'Ozoir, je me suis aperçu de la difficulté à rendre une copie ne comportant pas plus de cinq fautes.

Autant le dire de suite, je n'y suis jamais parvenu bien qu'ayant frôlé la limite en novembre dernier.

En cause, une faiblesse sur les aspects grammaticaux, en particulier sur des accords de verbes pronominaux récalcitrants, sur les "quoique et quoi que", les "quelque et quel que", sur les pernicieux traits d'union, sur les accords des couleurs, ou enfin sur le genre des noms (vous savez les fameux "on dit un ou une argile, un ou une écritoire"... ?)


Dans ce contexte, l'entourage ne comprend guère pourquoi le scrabbleur si prompt à sortir des mots compliqués ou à trouver un nonuple à cent-vingt points, se comporte de manière aussi moyenne dans ce type d'exercice. Cela peut pourtant s'expliquer.

 

Le scrabbleur se focalise principalement sur les aspects orthographiques. Etre bon en orthographe est un prérequis (sans trait d'union svp) indispensable pour aborder notre jeu.

Le scrabbleur fait fi de la plupart des notions rattachées à la composition des mots : les mots composés ne sont pas admis dans notre jeu, les mots à traits d'union non plus, les accents sont ignorés (exemple : l'arbitre pose zele sur la grille, mais s'agit-il du nom masculin zèle avec un accent grave ou de l'adjectif ou nom zélé avec deux accents aigus ?). Seule la prononciation de l'arbitre permettra de faire la différence, mais le scrabbleur lui s'en moque un tout petit peu, ce qui lui importe à l'instant présent, c'est de savoir comment il va pouvoir prolonger zele.

 

Evidemment, le scrabbleur doit également posséder des notions de conjugaison, mais toujours dans l'optique de construire des mots valables (savoir que "dissolut" ou "Tînmes" sont les formes du passé simple de Dissoudre et Tenir), mais est-ce bien nécessaire de connaître ces formes conjuguées, alors qu'il est tellement plus simple d'apprendre par cœur ? Je ne partage pas cette façon de voir les choses, mais chacun est libre de retenir le vocabulaire comme il l'entend.

 

Enfin, notre scrabbleur n'a aucune obligation de retenir le genre des mots qu'il joue au quotidien. Quelle importance finalement pour lui de savoir que l'argile ou l'écritoire citées plus haut sont des noms féminins ?

 

Sauf le jour où il décidera de participer à cette belle épreuve qu'est la dictée...

 

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Commentaires : 2
  • #1

    Régis Walle (lundi, 29 décembre 2014 23:23)

    Voilà une belle initiative que ce blog, et une jolie réalisation.
    Sur le fond du sujet, je partage les "états d'âme" du scrabbleur que tu es! Je me suis souvent fait les mêmes réflexions. Combien de fois me suis-je refusé, lors de joutes familiales, des mots peu courants car je n'en connaissais pas le sens!!! J'ai préféré sacrifier quelques points plutôt que d'afficher mes lacunes :-) Le Scrabble est une passion et je continuerai à jouer seul, en famille ou en club aussi longtemps que possible. Mais je m'efforcerai à l'avenir de m'y adonner plus intelligemment.
    Je souhaite longue vie à ce nouveau blog...

  • #2

    Sylvie Hurteaux (mardi, 13 janvier 2015 07:12)

    En tant qu'ancienne enseignante je ne peux qu'adhérer à ce blog qui va pouvoir enrichir notre vision du jeu scrabblesque!